Bien choisir ses micros et après ?
Posté : jeu. 12 août 2010 14:59
Salut à tous,
De nombreux guitaristes, débutants ou experts, en viennent un jour à changer leurs micros. Pourquoi changer ? Comment choisir ? Quel est le verdict après l'opération ?
Je ne suis pas un pro et me propose de donner mon humble avis d'amateur dans un premier temps puisque mon travail est tout frais et en même temps assez mûr pour en tirer un jugement (car ça prend un peu de temps pour connaitre de nouveau un micro). Chacun est vivement invité à donner le sien en fonction de son expérience ou à poser des questions.
Quelle motivation a-t-on a changer de micros ? Où choisir ? et surtout comment comparer les différents produits puisque que la simple esthétique sur un écran d'ordinateur ne suffit pas à la délibération ? Enfin, quel est le sentiment sur son propre choix ? Nous en viendrons naturellement à déceler des erreurs à ne pas commettre quant au choix.
Alors, c'est parti.
Ce lien peut aider à comprendre l'échafaudage d'un projet et répond déjà à quelques questions :
difference-potentiometres-lineaires-et- ... 31-25.html
1] La façon de choisir ses futurs micros est propre à chacun. J'ai volontairement acquis une Tele Squier pour en changer les micros (sur une PRS ce serait dommage) bien qu'ayant une qualité appréciable pour débuter et une absence de bruit de fond, mais leur faible puissance implique de :
-jouer physiquement fort pour que ça sonne un peu (pas bon pour le jeu, pas bon pour les frets...)
-pousser les potards à fond pour tout donner
La palette de sons est donc extrêmement réduite même si aujourd'hui de nombreuses modélisations numériques sur tout type de support (ampli, pédaliers, POD...) permettent d'avoir pratiquement n'importe quel son mais il peut manquer un relief, un touché pour s'exprimer et nuancer son jeu.
2] Pour moi, de bons micros ce sont d'abord des micros permettant d'avoir un jeu varié et pas seulement du gain. On peut juger en ce sens de la qualité d'un micro quand :
-les potards servent effectivement à enrichir, à varier, à préciser, à harmoniser, à nuancer, à créer, à façonner le son car on ne tire pas le meilleur de ses micros en poussant les potards à fond (on n'a pas besoin d'un Karcher pour arroser ses bégonias), d'où la nécessité de choisir aussi ses potards avec soin (voir le lien plus haut)
-le son reste harmonieux et bien équilibré c'est-à-dire "jouable" même avec les potards à la moitié de leur course
-les micros retransmettent bien le touché propre du guitariste
3] Peu nombreux sont les magasins où l'on peut jouer sur les micros de son choix. On le comprend aisément : ce n'est pas aussi facilement interchangeable qu'une paire de baskets. Parmi les dizaines de fabricants et les centaines de modèles existants, comment faire son choix ? On n'aura jamais le son de Gilmour (pas le même matos et surtout pas le même touché) mais c'est pas la peine de pleurer sur son sort.
On peut donc :
-copier sur une guitare dont le son nous plait (même si c'est contradictoire avec ce que je viens d'écrire) et donc attention au matériel périphérique (réglages, ampli, pédales mais aussi type de bois de la guitare, place du micro, format du micro (double ou simple)...). C'est très très dur, ça peut prendre du temps mais c'est déjà ça.
-se demander quelle(s) amélioration(s) on souhaite : plus de gain, plus de sustain, plus de niveau de sortie, un son plus chaud, plus d'attaque, de meilleurs harmoniques, un son de Strat, de Tele, de SG... mais on ne peut pas tout avoir à la fois, d'où l'importance d'adapter ses micros à son propre touché et pas l'inverse et de pouvoir mettre un mot sur une propriété du son (crémeux, clair, gras, tubulaire, crunchy, fuzzy, métalique, doux...)
-surfer sur les sites des constructeurs. Ils offrent un descriptifs (attention c'est parfois du langage commercial, on peut avoir tendance à tous les vouloir), parfois des échantillonnages (d'où l'importance de se renseigner aussi sur l'artiste qui joue) et des données chiffrées (ça peut être un peu aléatoire selon certains mais ça aide quand même) sur l'équalisation du micro ("combien" d'aigu, de médium, de bass). Ne pas sous-estimer l'importance des médiums : ils donnent du relief, de l'épaisseur au son.
4] Après changement, j'ai vraiment compris à quoi j'avais à faire après plusieurs jours seulement. Pourquoi ?
-avant je jouais tout le temps avec les potards à fond : avec de bons micros c'est presque décevant comme première impression de les entendre et de ne pas tellement sentir la différence. C'est après du temps qu'on comprend toute la richesse et le potentiel d'un micro, en façonnant son son avec les potards.
-j'avais l'impression de jouer moins bien : de bons micros retranscrivent bien le moindre de vos gestes, presque vos pensées. Alors quand on joue comme un bucheron depuis 1mois, ça fait tout drôle de s'entendre avec précision.
Conclusion : Je n'ai pas le sentiment d'avoir commis d'erreur (sauf quand j'ai soudé les micros : ils étaient hors-phase en position intermédiaire, ça arrive avec 2 micros hum-cancelling). Je ne joue presque plus avec les potards à fond. Le duo de micros que j'ai pris (Dimarzio Area T neck et Dimarzio Tone Zone T) me permet de jouer sur un large éventail de sons (ce que je voulais) : du jazzy, soft, clair et tubulaire au métal lourd et épais. Le mix des deux micros me permet d'avoir un son à la RATM avec de bonnes attaques, un son lourd et funcky.
'suis ravi, merci.
De nombreux guitaristes, débutants ou experts, en viennent un jour à changer leurs micros. Pourquoi changer ? Comment choisir ? Quel est le verdict après l'opération ?
Je ne suis pas un pro et me propose de donner mon humble avis d'amateur dans un premier temps puisque mon travail est tout frais et en même temps assez mûr pour en tirer un jugement (car ça prend un peu de temps pour connaitre de nouveau un micro). Chacun est vivement invité à donner le sien en fonction de son expérience ou à poser des questions.
Quelle motivation a-t-on a changer de micros ? Où choisir ? et surtout comment comparer les différents produits puisque que la simple esthétique sur un écran d'ordinateur ne suffit pas à la délibération ? Enfin, quel est le sentiment sur son propre choix ? Nous en viendrons naturellement à déceler des erreurs à ne pas commettre quant au choix.
Alors, c'est parti.
Ce lien peut aider à comprendre l'échafaudage d'un projet et répond déjà à quelques questions :
difference-potentiometres-lineaires-et- ... 31-25.html
1] La façon de choisir ses futurs micros est propre à chacun. J'ai volontairement acquis une Tele Squier pour en changer les micros (sur une PRS ce serait dommage) bien qu'ayant une qualité appréciable pour débuter et une absence de bruit de fond, mais leur faible puissance implique de :
-jouer physiquement fort pour que ça sonne un peu (pas bon pour le jeu, pas bon pour les frets...)
-pousser les potards à fond pour tout donner
La palette de sons est donc extrêmement réduite même si aujourd'hui de nombreuses modélisations numériques sur tout type de support (ampli, pédaliers, POD...) permettent d'avoir pratiquement n'importe quel son mais il peut manquer un relief, un touché pour s'exprimer et nuancer son jeu.
2] Pour moi, de bons micros ce sont d'abord des micros permettant d'avoir un jeu varié et pas seulement du gain. On peut juger en ce sens de la qualité d'un micro quand :
-les potards servent effectivement à enrichir, à varier, à préciser, à harmoniser, à nuancer, à créer, à façonner le son car on ne tire pas le meilleur de ses micros en poussant les potards à fond (on n'a pas besoin d'un Karcher pour arroser ses bégonias), d'où la nécessité de choisir aussi ses potards avec soin (voir le lien plus haut)
-le son reste harmonieux et bien équilibré c'est-à-dire "jouable" même avec les potards à la moitié de leur course
-les micros retransmettent bien le touché propre du guitariste
3] Peu nombreux sont les magasins où l'on peut jouer sur les micros de son choix. On le comprend aisément : ce n'est pas aussi facilement interchangeable qu'une paire de baskets. Parmi les dizaines de fabricants et les centaines de modèles existants, comment faire son choix ? On n'aura jamais le son de Gilmour (pas le même matos et surtout pas le même touché) mais c'est pas la peine de pleurer sur son sort.
On peut donc :
-copier sur une guitare dont le son nous plait (même si c'est contradictoire avec ce que je viens d'écrire) et donc attention au matériel périphérique (réglages, ampli, pédales mais aussi type de bois de la guitare, place du micro, format du micro (double ou simple)...). C'est très très dur, ça peut prendre du temps mais c'est déjà ça.
-se demander quelle(s) amélioration(s) on souhaite : plus de gain, plus de sustain, plus de niveau de sortie, un son plus chaud, plus d'attaque, de meilleurs harmoniques, un son de Strat, de Tele, de SG... mais on ne peut pas tout avoir à la fois, d'où l'importance d'adapter ses micros à son propre touché et pas l'inverse et de pouvoir mettre un mot sur une propriété du son (crémeux, clair, gras, tubulaire, crunchy, fuzzy, métalique, doux...)
-surfer sur les sites des constructeurs. Ils offrent un descriptifs (attention c'est parfois du langage commercial, on peut avoir tendance à tous les vouloir), parfois des échantillonnages (d'où l'importance de se renseigner aussi sur l'artiste qui joue) et des données chiffrées (ça peut être un peu aléatoire selon certains mais ça aide quand même) sur l'équalisation du micro ("combien" d'aigu, de médium, de bass). Ne pas sous-estimer l'importance des médiums : ils donnent du relief, de l'épaisseur au son.
4] Après changement, j'ai vraiment compris à quoi j'avais à faire après plusieurs jours seulement. Pourquoi ?
-avant je jouais tout le temps avec les potards à fond : avec de bons micros c'est presque décevant comme première impression de les entendre et de ne pas tellement sentir la différence. C'est après du temps qu'on comprend toute la richesse et le potentiel d'un micro, en façonnant son son avec les potards.
-j'avais l'impression de jouer moins bien : de bons micros retranscrivent bien le moindre de vos gestes, presque vos pensées. Alors quand on joue comme un bucheron depuis 1mois, ça fait tout drôle de s'entendre avec précision.
Conclusion : Je n'ai pas le sentiment d'avoir commis d'erreur (sauf quand j'ai soudé les micros : ils étaient hors-phase en position intermédiaire, ça arrive avec 2 micros hum-cancelling). Je ne joue presque plus avec les potards à fond. Le duo de micros que j'ai pris (Dimarzio Area T neck et Dimarzio Tone Zone T) me permet de jouer sur un large éventail de sons (ce que je voulais) : du jazzy, soft, clair et tubulaire au métal lourd et épais. Le mix des deux micros me permet d'avoir un son à la RATM avec de bonnes attaques, un son lourd et funcky.
'suis ravi, merci.