Steve Vai, à l'Olympia
Posté : mer. 21 nov. 2012 14:44
Concert de Steve Vai à l’Olympia, le 19 Novembre de l’An de Grâce 2012
On ne présente plus Steve Vai, guitariste virtuose divisant autant qu’il rassemble la communauté guitaristique mondiale. On ne peut cependant pas lui reprocher sa créativité extrême et une maitrise technique hors du commun.
Steve Vai a donné une représentation le 19 Novembre à l’Olympia. Je m’y suis rendu au terme d’un long voyage (Limoges – Paris), en compagnie d’ArNO (SteveVai, l’unique, le vrai, le merveilleux !).
Le ticket pour assister au spectacle dans la fosse était aux alentours d’une grosse trentaine d’euros, prix très raisonnable pour un artiste mondialement reconnu.
Après 4h d’attente dans la file devant l’Olympia, ArNo arrive et nous rentrons dans l’Olympia. Pour ceux qui n’ont jamais vu l’Olympia, il s’agit d’une belle salle, qui allie à la fois le confort des salles modernes et un certain chic tout parisien.
Après quelques minutes d’attente, le guitariste accompagnant Steve Vai dans sa tournée fait son apparition : il fera la première partie du spectacle. Il s’agissait auparavant de la chanteuse ayant gagné American Idol qui assurait la première partie du concert, mais qui a du abandonner Vai en plein milieu de sa tournée pour des raisons mystérieuses.
La première partie s’est donc déroulée avec une unique guitare acoustique. La performance était impressionnante, quelques plans franchement très sympa, même si une seule guitare acoustique (sans chant) n’est finalement pas si captivante que ça sur le long terme. Heureusement, la première partie ne dura qu’une petite demi-heure, ce qui empêcha de s’en lasser.
Une vingtaine de minutes après la fin de la première partie, Steve Vai arriva sous un tonnerre d’applaudissement. Après ses habituels « coucou » à la guitare (voir la version G3 de « The Audience is Listenning »), le show put commencer !
Bien qu’accusant visiblement un certain âge, on ne peut pas franchement dire qu’il ait perdu le sens du spectacle. Il s’agit réellement d’une démonstration technique sans égal, ou tout solo en triple croche est propice à une danse improvisée ou saut en faisant tourner sa guitare. On ne peut que lui envier cette forme et cette énergie dantesque.
Par delà cette dimension technique, Steve est intervenu à plusieurs reprises pour nous parler de sa vision propre de la musique. On ne peut pas nier un certain enseignement philosophique, et une approche de la musique singulière (ex : la mise en valeur de « The Moon and I », en la mettant en rapport avec le voyage effectué par son personnage fictif et sa perception du monde n’étant qu’une illusion, un reflet du réel).
Au-delà même de la technicité et de cette dimension philosophique, nous avions le droit à un véritable show, énergique, sans tomber dans la lourdeur : intervention à plusieurs reprises des musiciens l’accompagnant pour un morceau solo, venue du batteur Jeremy Colson armé d’une batterie portable et d’un crâne parlant (avec qui Vai se disputait), apparition sur scène de deux membres du public pour la création d’un morceau improvisé (ou chacun chantait ce que les membres du groupe devait jouer)… Il s’agissait donc de situation variées, parfois très insolites (Steve Vai équipé de laser, de néons, d’une cape et d’une sorte de masque de soudeur, débarquant avec une guitare alien pour jouer « Ultra Zone »…). Les quelques imprévues du spectacle ont toujours été accueilli avec humour et dérision par le guitariste : une véritable concentration de bonne humeur, communicative.
Après 2h45 de show et un rappel sur Taurus Bulba, Steve Vai se retire de scène avec une émotion aussi sincère qu’apparente. Deux milles personnes scandent son nom quand il s’incline humblement devant ses spectateurs.
Que dire de tout ceci ? Ayant décrit l’événement d’un point de vue objectif, je peux désormais parler de mon expérience personnelle. J’ai eu l’impression d’avoir été transporté dans une dimension ou l’espace et le temps n’avait plus aucune importance, plus aucune raison d’exister, un endroit où la chute était continue et confortable. Le temps et l’espace semblaient se distordre selon sa volonté. Les morceaux poussaient à la schizophrénie, avec des pleurs sur Tender Surrender, une compréhension absolue sur For the Love of God, ou bien une angoisse déchirant les boyaux sur Weeping China Doll. J’en tire personnellement une profonde réflexion sur le langage et sur nos limites de compréhension. Bien plus qu’un simple concert, un spectacle aussi haut en couleur qu’en acrobatie, il s’agit là pour moi d’une part de vérité et de sincérité pure qui n’a pas fini de raisonner à mes oreilles.
Tracklist:
- Velorum
- The Attitude
- State of Grace
- Taurus Bulba
- Sisters
- Salamanders in the Sun
- Ultra Zone
- The Audience is Listenning
- Tender Surrender
- For the Love of God
- The Moon and I
- The Animals
- Whispering a Prayer
- Racing the World
- Angel Food
- Building the Church
(La liste n’est ni exhaustive ni dans l’ordre et ne comprend pas les 3 ou 4 morceaux solos joués par les artistes l’accompagnant, ni les improvisations de 2 ou 3 minutes sur chaque chanson).
On ne présente plus Steve Vai, guitariste virtuose divisant autant qu’il rassemble la communauté guitaristique mondiale. On ne peut cependant pas lui reprocher sa créativité extrême et une maitrise technique hors du commun.
Steve Vai a donné une représentation le 19 Novembre à l’Olympia. Je m’y suis rendu au terme d’un long voyage (Limoges – Paris), en compagnie d’ArNO (SteveVai, l’unique, le vrai, le merveilleux !).
Le ticket pour assister au spectacle dans la fosse était aux alentours d’une grosse trentaine d’euros, prix très raisonnable pour un artiste mondialement reconnu.
Après 4h d’attente dans la file devant l’Olympia, ArNo arrive et nous rentrons dans l’Olympia. Pour ceux qui n’ont jamais vu l’Olympia, il s’agit d’une belle salle, qui allie à la fois le confort des salles modernes et un certain chic tout parisien.
Après quelques minutes d’attente, le guitariste accompagnant Steve Vai dans sa tournée fait son apparition : il fera la première partie du spectacle. Il s’agissait auparavant de la chanteuse ayant gagné American Idol qui assurait la première partie du concert, mais qui a du abandonner Vai en plein milieu de sa tournée pour des raisons mystérieuses.
La première partie s’est donc déroulée avec une unique guitare acoustique. La performance était impressionnante, quelques plans franchement très sympa, même si une seule guitare acoustique (sans chant) n’est finalement pas si captivante que ça sur le long terme. Heureusement, la première partie ne dura qu’une petite demi-heure, ce qui empêcha de s’en lasser.
Une vingtaine de minutes après la fin de la première partie, Steve Vai arriva sous un tonnerre d’applaudissement. Après ses habituels « coucou » à la guitare (voir la version G3 de « The Audience is Listenning »), le show put commencer !
Bien qu’accusant visiblement un certain âge, on ne peut pas franchement dire qu’il ait perdu le sens du spectacle. Il s’agit réellement d’une démonstration technique sans égal, ou tout solo en triple croche est propice à une danse improvisée ou saut en faisant tourner sa guitare. On ne peut que lui envier cette forme et cette énergie dantesque.
Par delà cette dimension technique, Steve est intervenu à plusieurs reprises pour nous parler de sa vision propre de la musique. On ne peut pas nier un certain enseignement philosophique, et une approche de la musique singulière (ex : la mise en valeur de « The Moon and I », en la mettant en rapport avec le voyage effectué par son personnage fictif et sa perception du monde n’étant qu’une illusion, un reflet du réel).
Au-delà même de la technicité et de cette dimension philosophique, nous avions le droit à un véritable show, énergique, sans tomber dans la lourdeur : intervention à plusieurs reprises des musiciens l’accompagnant pour un morceau solo, venue du batteur Jeremy Colson armé d’une batterie portable et d’un crâne parlant (avec qui Vai se disputait), apparition sur scène de deux membres du public pour la création d’un morceau improvisé (ou chacun chantait ce que les membres du groupe devait jouer)… Il s’agissait donc de situation variées, parfois très insolites (Steve Vai équipé de laser, de néons, d’une cape et d’une sorte de masque de soudeur, débarquant avec une guitare alien pour jouer « Ultra Zone »…). Les quelques imprévues du spectacle ont toujours été accueilli avec humour et dérision par le guitariste : une véritable concentration de bonne humeur, communicative.
Après 2h45 de show et un rappel sur Taurus Bulba, Steve Vai se retire de scène avec une émotion aussi sincère qu’apparente. Deux milles personnes scandent son nom quand il s’incline humblement devant ses spectateurs.
Que dire de tout ceci ? Ayant décrit l’événement d’un point de vue objectif, je peux désormais parler de mon expérience personnelle. J’ai eu l’impression d’avoir été transporté dans une dimension ou l’espace et le temps n’avait plus aucune importance, plus aucune raison d’exister, un endroit où la chute était continue et confortable. Le temps et l’espace semblaient se distordre selon sa volonté. Les morceaux poussaient à la schizophrénie, avec des pleurs sur Tender Surrender, une compréhension absolue sur For the Love of God, ou bien une angoisse déchirant les boyaux sur Weeping China Doll. J’en tire personnellement une profonde réflexion sur le langage et sur nos limites de compréhension. Bien plus qu’un simple concert, un spectacle aussi haut en couleur qu’en acrobatie, il s’agit là pour moi d’une part de vérité et de sincérité pure qui n’a pas fini de raisonner à mes oreilles.
Tracklist:
- Velorum
- The Attitude
- State of Grace
- Taurus Bulba
- Sisters
- Salamanders in the Sun
- Ultra Zone
- The Audience is Listenning
- Tender Surrender
- For the Love of God
- The Moon and I
- The Animals
- Whispering a Prayer
- Racing the World
- Angel Food
- Building the Church
(La liste n’est ni exhaustive ni dans l’ordre et ne comprend pas les 3 ou 4 morceaux solos joués par les artistes l’accompagnant, ni les improvisations de 2 ou 3 minutes sur chaque chanson).