La valeur d'une guitare, son évolution, sa revente
Posté : lun. 28 oct. 2013 17:09
Déterminer la valeur d'une guitare pour une revente n'est pas une chose facile. Énormément de paramètres entrent en ligne de compte et je vais ici tenter de les résumer.
En grande théorie, on peut considérer qu'une guitare, en très bon état perd environ 30 à 40% de sa valeur à la revente. C'est la théorie et elle s'applique à des guitares bien précises : Une marque reconnue et appréciée et un modèle qui attire.
Cette dépréciation peut varier. En effet, certaines guitares vont jusqu'à perdre moins de 20% à la revente dans le cas de modèles très populaires comme c'est le cas de la Epiphone SG alors que certaines guitares ne se vendent quasiment plus qu'à... 20% de leur valeur de départ soit 80% de dépréciation.
1. La qualité de l'instrument n'est pas toujours un critère objectif.
La réalité est qu'une guitare qui se vend bien est une guitare de bonne à très bonne qualité. Les meilleures à la revente sont les guitares dont le prix neuf est entre 250 et 600 euros. Autrement dit, les Harley Benton et autres Jim Harley sont, on peut le dire, presque invendables.
Les Instruments de haute qualité comme les Fender US, les Gibson et autres marques plus haut de gamme se vendent avec une faible dépréciation mais moins rapidement que les premières. Là aussi, une Fender Highway ou Am Standard se vendra plus vite qu'un modèle de la gamme supérieure.
2. La désirabilité de l'instrument.
Un instrument ne doit pas forcément être de bonne qualité mais aussi attirer les acheteurs. Les formes classiques comme les Strat, Tele, SG, LP, ES et superstrat sont en général des valeurs sûres tandis que les Explorer, les V, les demi-caisses et autres formes moins communes sont plus difficiles à revendre, et ce peu importe leur qualité.
La marque de l'instrument est également un énorme facteur sur son prix de revente. Si nous prenons une marque comme SD Curlee, des guitares et basses fabriquées en très petite série, aux USA, à la main, dans les années 70 avec du Grover et Di-Marzio, nous avons là une guitare théoriquement "de rêve". Malheureusement, à la revente, elles atteignent à peine le prix d'une Fender Mexicaine... La marque n'étant pas assez connue.
La couleur de l'instrument joue énormément, bien plus qu'on ne peut l'imaginer. Une Strat modèle 50 (peu importe la série) se vendra plus facilement en Fiesta Red car elle sera liée à Hank Marvin. La même des années 60 et 70 (grosse tête) sera vendue très facilement en blanc (Hendrix) et en noir (Clapton).
3. La signature et modèles spéciaux.
La valeur d'une guitare signature dépendra énormément de la notoriété de l'artiste à qui elle est liée au moment de la revente... La signature Clapton se vend bien plus rapidement que la signature Chris Rea (désolé pour lui).
Les "signature" d'artistes contemporains subiront un tri assez sélectif. Pour peu que des artistes comme Avril Lavigne, Jim Root ou John 5 soient toujours populaires dans 20 ans, nul doute que leurs modèles seront des valeurs sûres. Si ceux-ci tombent dans l'oubli, le phénomène inverse se produira.
Je vous avoue que dans les années 1990, jamais les spécialistes n'auraient parié sur la Fender Jag-Stang, trop attachée à Kurt Cobain et à son époque. Jamais nous n'aurions imaginé qu'il deviendrait l'artiste culte de plusieurs générations.
Le modèle "spécial" comme la Epiphone Emily The Strange ou la Squier Hello Kitty sont des exemples un peu spéciaux. Dans ce cas, la valeur et la "revendabilité" de l'instrument suivra une courbe selon la popularité du thème qu'elle représente et en fonction de l'époque où elle sera revendue. En 2013, une guitare "Emily the Strange" est une guitare trop marquée dans son époque (celle des années 2000) et on la considère comme un modèle Has Been qui pourrait très bien revenir comme un thème culte dans 10 ans ou tomber dans l'oubli.
4. Les marques "à la mode".
Custom 77 pour parler d'eux est une marque de bonne qualité, très populaire en... France ! Dans ce pays, elles se revendent très bien alors que dans d'autres pays elles sont considérées comme de simples guitares asiatiques peu désirables. La donne peut changer.
Un exemple similaire à celui de C77 est la production Matsumoku, devenue culte de nos jours alors que dans les années 80, elles étaient de bonnes guitares mais bon marché et pas forcément désirables.
Il suffit qu'un artiste populaire s'affiche avec une guitare pour que celle-ci devienne désirable. A ce moment là, nous sommes dans une bulle spéculative, la même qui a fait vendre des Teisco en contreplaqué bon marché plus de 800 euros alors qu'aujourd'hui, la bulle s'est dégonflée.
5. Les guitares de luthier.
C'est triste à dire mais ce genre de guitare ne sont pas très intéressantes à la revente, malgré leurs qualités et leur finition exemplaire.
Un luthier connu comme Xavier Petit sauve la donne mais une guitare faite par Jean Pierre Dupont, malgré ses compétences, est une guitare qui se vend... Très mal !
La raison est qu'une guitare de luthier est un modèle fait "sur mesure" selon les désirs d'un guitariste.
6. Les guitares upgradées.
Si vous possédez une guitare, que vous en changez les micros, conservez les micros d'origine et revendez la guitare avec ses micros d'origine remontés et les micros d'upgrade séparément.
On peut toujours imaginer qu'un acheteur soit prêt à mettre plus cher pour une guitare équipée de meilleurs micros... sauf que cela n'arrive jamais !
Pire encore, une guitare équipée de micros trop "spécifiques" verra sa valeur chûter par la présence du micro "spécial" comme ce serait le cas d'une Strat équipée d'un Hot Rail.
En grande théorie, on peut considérer qu'une guitare, en très bon état perd environ 30 à 40% de sa valeur à la revente. C'est la théorie et elle s'applique à des guitares bien précises : Une marque reconnue et appréciée et un modèle qui attire.
Cette dépréciation peut varier. En effet, certaines guitares vont jusqu'à perdre moins de 20% à la revente dans le cas de modèles très populaires comme c'est le cas de la Epiphone SG alors que certaines guitares ne se vendent quasiment plus qu'à... 20% de leur valeur de départ soit 80% de dépréciation.
1. La qualité de l'instrument n'est pas toujours un critère objectif.
La réalité est qu'une guitare qui se vend bien est une guitare de bonne à très bonne qualité. Les meilleures à la revente sont les guitares dont le prix neuf est entre 250 et 600 euros. Autrement dit, les Harley Benton et autres Jim Harley sont, on peut le dire, presque invendables.
Les Instruments de haute qualité comme les Fender US, les Gibson et autres marques plus haut de gamme se vendent avec une faible dépréciation mais moins rapidement que les premières. Là aussi, une Fender Highway ou Am Standard se vendra plus vite qu'un modèle de la gamme supérieure.
2. La désirabilité de l'instrument.
Un instrument ne doit pas forcément être de bonne qualité mais aussi attirer les acheteurs. Les formes classiques comme les Strat, Tele, SG, LP, ES et superstrat sont en général des valeurs sûres tandis que les Explorer, les V, les demi-caisses et autres formes moins communes sont plus difficiles à revendre, et ce peu importe leur qualité.
La marque de l'instrument est également un énorme facteur sur son prix de revente. Si nous prenons une marque comme SD Curlee, des guitares et basses fabriquées en très petite série, aux USA, à la main, dans les années 70 avec du Grover et Di-Marzio, nous avons là une guitare théoriquement "de rêve". Malheureusement, à la revente, elles atteignent à peine le prix d'une Fender Mexicaine... La marque n'étant pas assez connue.
La couleur de l'instrument joue énormément, bien plus qu'on ne peut l'imaginer. Une Strat modèle 50 (peu importe la série) se vendra plus facilement en Fiesta Red car elle sera liée à Hank Marvin. La même des années 60 et 70 (grosse tête) sera vendue très facilement en blanc (Hendrix) et en noir (Clapton).
3. La signature et modèles spéciaux.
La valeur d'une guitare signature dépendra énormément de la notoriété de l'artiste à qui elle est liée au moment de la revente... La signature Clapton se vend bien plus rapidement que la signature Chris Rea (désolé pour lui).
Les "signature" d'artistes contemporains subiront un tri assez sélectif. Pour peu que des artistes comme Avril Lavigne, Jim Root ou John 5 soient toujours populaires dans 20 ans, nul doute que leurs modèles seront des valeurs sûres. Si ceux-ci tombent dans l'oubli, le phénomène inverse se produira.
Je vous avoue que dans les années 1990, jamais les spécialistes n'auraient parié sur la Fender Jag-Stang, trop attachée à Kurt Cobain et à son époque. Jamais nous n'aurions imaginé qu'il deviendrait l'artiste culte de plusieurs générations.
Le modèle "spécial" comme la Epiphone Emily The Strange ou la Squier Hello Kitty sont des exemples un peu spéciaux. Dans ce cas, la valeur et la "revendabilité" de l'instrument suivra une courbe selon la popularité du thème qu'elle représente et en fonction de l'époque où elle sera revendue. En 2013, une guitare "Emily the Strange" est une guitare trop marquée dans son époque (celle des années 2000) et on la considère comme un modèle Has Been qui pourrait très bien revenir comme un thème culte dans 10 ans ou tomber dans l'oubli.
4. Les marques "à la mode".
Custom 77 pour parler d'eux est une marque de bonne qualité, très populaire en... France ! Dans ce pays, elles se revendent très bien alors que dans d'autres pays elles sont considérées comme de simples guitares asiatiques peu désirables. La donne peut changer.
Un exemple similaire à celui de C77 est la production Matsumoku, devenue culte de nos jours alors que dans les années 80, elles étaient de bonnes guitares mais bon marché et pas forcément désirables.
Il suffit qu'un artiste populaire s'affiche avec une guitare pour que celle-ci devienne désirable. A ce moment là, nous sommes dans une bulle spéculative, la même qui a fait vendre des Teisco en contreplaqué bon marché plus de 800 euros alors qu'aujourd'hui, la bulle s'est dégonflée.
5. Les guitares de luthier.
C'est triste à dire mais ce genre de guitare ne sont pas très intéressantes à la revente, malgré leurs qualités et leur finition exemplaire.
Un luthier connu comme Xavier Petit sauve la donne mais une guitare faite par Jean Pierre Dupont, malgré ses compétences, est une guitare qui se vend... Très mal !
La raison est qu'une guitare de luthier est un modèle fait "sur mesure" selon les désirs d'un guitariste.
6. Les guitares upgradées.
Si vous possédez une guitare, que vous en changez les micros, conservez les micros d'origine et revendez la guitare avec ses micros d'origine remontés et les micros d'upgrade séparément.
On peut toujours imaginer qu'un acheteur soit prêt à mettre plus cher pour une guitare équipée de meilleurs micros... sauf que cela n'arrive jamais !
Pire encore, une guitare équipée de micros trop "spécifiques" verra sa valeur chûter par la présence du micro "spécial" comme ce serait le cas d'une Strat équipée d'un Hot Rail.