Fabriquer son ampli avec un électrophone à lampes
Posté : sam. 19 févr. 2022 22:20
Et oui, s’il y a un sujet pour parler des poste radio anciens (TSF), pas de topic spécifique pour les anciens tourne-disques des yéyés.
Et pourtant, on peut y trouver des trésors.
Le format valise se prête bien pour un ampli guitare avec un look rétro. Côté électronique, on trouve souvent des tubes convenant parfaitement à l’élaboration d’un petit 5 watts.
Valves EZ80, EZ81
lampes de préampli ECC81, ECC82, ECC83, EF86, 6AU6
lampes de puissance EL84, ECL82, ECL86, EL90, voir ELL80
Et contrairement aux postes de l’autre post, les tourne-disques n’ont pas forcément souffert d’une utilisation récurrente. Les tubes sont généralement opérationnels et relativement bien préservés.
Cerise sur le gâteau, on trouve assez facilement des amplis stéréo, voir des amplis push-pull.
Un ampli stéréo pour une guitare…. Vous allez me dire que ça n’a pas grand intérêt. Oui, mais vous disposez d’un transformateur d’alimentation surdimensionné, ce qui est un plus indéniable. Mais surtout, vous aurez le tube de puissance et le transformateur de sortie en double.
Et ça, ce n’est pas du luxe.
Car, le point faible de l’électrophone, c’est le transformateur de sortie avec le primaire malheureusement claqué. C’est un défaut fréquent quand le raccordement des HP s’effectue à l’aide d’une prise externe. L’oubli peut être fatal. Par ailleurs, si la valise d’électrophone donne un cachet certain, elle demande beaucoup d’adaptations. Et les valises pick-up en carton (si, si, en carton, y’en a un paquet)…. Mieux vaut oublier. Attention aussi aux électrophones avec tubes de la série « U ». Ils sont assez rares, mais il y en a.
Privilégier un appareil « récent » : fin des années 50, années 60.
J’écarte d’emblée les tourne-disques présents sur les postes de radio « combi ». Autant opter pour une TSF directement.
Où se procurer ce type d’appareil ?
Malheureusement, ils ne se fabriquent plus. Donc, pas la peine de chercher dans un magasin d’électroménager. Il faudra se tourner vers le marché de l’occasion.
-Brocantes et vide-greniers sont les meilleurs sources, si vous ne voulez pas vous ruiner.
-Recycleries type Emmaüs, mais attention aux prix pratiqués, parfois surréalistes.
-Sites de petites annonces entre particuliers, ventes aux enchères et autres vitrines disponibles sur internet.
Et enfin, le grenier de la maison de vacances de papy et mamie.
Comment choisir l’électrophone ?
C’est là que ça se complique…..
Si vous ouvrez la bestiole et que vous ne voyez aucune lampes, c’est que vous avez mal choisi. Il est parfois difficile de faire le bon choix entre électrophone à transistors (qui nous sera totalement inutile) et électrophone à lampes (le saint Graal).
Et même pour un œil averti, il est parfois difficile de se prononcer.
Les transistors ont peu à peu remplacé les lampes entre 1960 et 1968. Ensuite, difficile de trouver un électrophone à lampes. La production s’est marginalsée. Je ne vais pas approfondir le sujet, mais cette donnée du « grand remplacement » est bonne à connaître. Un indice important, ce sont les grilles d’aération. En cas d’absence d’aération, on va éviter l’achat. L’inverse n’est pas une garantie à 100 %. Mais ça reste une bonne indication.
Autre indice qui peut compter : le poids ! Un appareil à lampes sera nettement plus lourd, selon toute vraisemblance.
Le design est le 1er indicateur qui saute aux yeux. Mode et technologie évoluaient rapidement à cette époque (déjà!). Mais ce n’est pas non plus une assurance à toute épreuve. On peut aussi lorgner sur le(s) haut-parleur(s). Forme, taille, … l’évolution des HP était fulgurante également.
Bref, aucune assurance, à moins de connaître le fabricant et le modèle (là encore, il peut y avoir des pièges).
Quel modèle, quel fabricant ?
J’ai mes chouchous. Mais pour généraliser, les grandes marques sur le marché étaient : Philips / Radiola, Teppaz, Schneider, Schaub Lorenz, Melovox, Hifivox, Claude Paz & Visseaux, Pathé Marconi / la voix de son maître, Image et Son… et j’en passe, et des meilleures.
À côté de la grande production, vous trouverez multitude d’appareils fabriqués par de petites entreprises et dont le nom, modèle, schéma, sont introuvables aujourd’hui.
L’avantage des 1ers est de retrouver plus facilement des infos, voir le schéma. Ce qui simplifie la tâche. Pour la 2nde catégorie, c’est la loterie. Le kinder surprise.
Quel schéma pour un ampli guitare ?
La sensibilité d’entrée d'un électrophone était bien plus élevée que celle souhaitable pour brancher sa guitare. Le préampli était souvent composé d’une seule triode. Et c’est trop peu pour notre futur ampli.
Une pentode de petite puissance (EF86, 6AU6) ou une double triode (ECC81, ECC83), c’est le minimum qu’on va se fixer.
Un réglage de volume et de tone dans le cas de la pentode, gain-bass-treble-volume est envisageable avec la double triode.
Il y a de nombreux schémas disponibles sur le net et un choix quasiment infini.
Pour l’étage final, on peut bien souvent laisser tel quel.
Quels organes conserver ?
Le transformateur d’alimentation sera à coup sûr adapté. Celui de sortie, dans une moindre mesure.
Le haut-parleur ? Il n’est pas adapté, c’est une évidence. Mais en renforçant la membrane, on peut espérer qu’il fera l’affaire. Sinon, il faudra le remplacer.
Le châssis ? Très peu de chances d’être réutilisable.
Les composants passifs ? Les condensateurs chimiques sont à remplacer systématiquement. Pour les autres, mieux vaut avoir un testeur adapté et un minimum d’expérience. Certains modèles sont encore fiable et parfois meilleurs que la production actuelle. D’autres sont à jeter d’emblée.
Les résistances, si vous parvenez à préserver un minimum de longueur de pattes pourquoi pas. Un simple test au multimètre vous donnera une idée de leur état. Les résistances > à 1/2w que l’on trouve sur le rail d’alimentation et pour découpler la finale sont les plus à même de resservir.
Les potentiomètres ? En général, ils ont mal vieilli. C’est à voir au cas par cas.
La self de filtrage ? S’il y en a une (c’est rare mais pas impossible), alors c’est votre jour de chance. Souvent intacte, elle est cependant encombrante.
Combien ça va me coûter tout ça ?
Et oui, c’est le nerf de la guerre. La bonne nouvelle, c’est que l’appareil en lui même ne vous coûtera pas grand-chose. Entre 5 et 15 € est un bon prix.
Par contre, l’achat des composants et matériaux de finition va faire grimper la facture rapidement.
Par ailleurs, sauf à être suffisamment équipé, il faudra aussi prévoir un minimum d’investissement en outillage et matériel.
En conclusion, ce ne sera pas une affaire rentable pour qui veut s’enrichir. Cette entreprise risque également de vous demander beaucoup, beaucoup de temps.
Mais si vous aimez bricoler, que vous ne savez pas comment occuper votre temps libre et que vous venez de dénicher un électrophone à lampes dans le grenier de papy, lancez-vous !
Quelques-unes de mes réalisations :
