Bonjour Tamata,
bonjour à tous,
Voilà une analyse qui reflète bien les difficultés qu'éprouvent celles et ceux qui passent de la guitare classique à la guitare électrique.
Oui, en effet, il n'est pas simple, d'avoir l'impression de repartir en arrière de quelques années. Non seulement je connais ça mais... Je vis ça, encore actuellement.
Cela dit, en passant d'un type de guitare à un autre (de la classique à l'électrique, en l'occurrence), on découvre de nouveaux horizons, et c'est assez merveilleux. Je suppose qu'on pourrait dire la même chose d'un guitariste "électrique" qui passe à la guitare classique ; sûr qu'il découvrirait des choses merveilleuses.
Mais, le fait est là, nous discutons de notre difficulté de joueur "classique" qui se met à la guitare électrique.
Hormis le problème de position (qui accentue la difficulté), tu soulève un autre point, pour lequel, il me faut bien l'avouer, est sans doute "le" problème majeur. Je te cite car tu résume parfaitement la situation :
- Là ou je galère un peu, c'est de jouer avec des backtracks. En classique, j’interprète et je me fous pas mal de respecter le rythme, enfin, je joue en mesure, mais je peux ralentir, reprendre, ça n'ennuie personne, suis tout seul. Du coup, je vois que je n'ai pas la rigueur pour être carré avec la rythmique, je bouffe des demis temps par ci par là... Là, j'ai de la correction à faire, je sens de suite qu'il faut que je me fasse violence ! De fait, je fais tout avec backtracks.
Certes, le fait de jouer seul permet une plus grande liberté. Cette interprétation en "solo", se retrouve avec d'autres instruments polyphoniques (accordéon, piano, etc.). Interpréter un morceau dans ces conditions, permet une certaine liberté... d'interprétation, justement. Cette liberté de manœuvre offre la possibilité au musicien, de donner plus de sa personnalité. Certes, il y a du vrai dans ce que tu dis : on se fiche un peu si l'on met à mal, croches pointées ou autres tempos. Mais, dans le fond, ça reste joué comme on le sent.
Je me suis, un jour, amusé à comparer une même pièce, jouée par des maitres de la guitare classique. J'ai été surpris des différences. Là où c'est le plus parlant, c'est sur la durée du morceau. Sur une pièce de, nous dirons, 4 ' 30, l'écart entre les extrêmes, était de l'ordre de 30 secondes. C'est énorme.
Avec une guitare électrique, je suis donc, moi aussi, touché par ce problème de justesse de jeu. Je mettrais cet instrument dans la catégorie des instruments monodique (bien que nous parlons toujours de guitare). Le but recherché est donc quelque peu différent de celui de la guitare classique ; d'où la difficulté.
Je prends la chose comme le plus gros défit qu'il me faut relever car je perçois, j'ai l'impression, que réussir ce coup, me fera entrer encore plus profondément au "cœur" de la musique.
Tout ce charme, toute cette magie, ne s'obtient pas en un claquement de doigts. Nous sommes biens placés pour en parler. Et tout est bon pour se faciliter la tâche.
Une chose est sûre : tu n'es pas le seul a être confronté à ce genre de difficulté.
Ma foi ? Si ça peut aider... Je galère aussi.
C'est principalement pour m'aider à surmonter ce genre de difficulté, que je m'offre le luxe d'un professeur (qui pourrait être mon fils

). Il voit où je bloque, il adapte en fonction de ce que je suis en mesure de faire. Il est génial.
Surtout, il touche du doigt là où je devrais percevoir les changements d'accords afin que je puisse passer, plus "naturellement", d'une tonalité à une autre ; et ainsi de suite.
D'où l'importance de se faire des amis... gratteux
Bonne continuation et, comme me dit toujours ma fille : les 2 "R", papa, les 2 "R" ! (Rigueur & Régularité).
Bien cordialement.
Jacky
Petit P.-S. : Tant pis pour tes ongles
