En 1973, il enregistre Tubular Bells (souvent reconnu pour le thème d'intro présent dans le film l'Exorciste), une pièce à tiroirs unique, à la froideur terrifiante, à la couleur austère qui n'épargne pas l'auditeur.
Ensuite, durant une pause dûe à sa soudaine notoriété (il fera aussi décoller Virgin), il compose le fantastique et intemporel Hergest Ridge, beaucoup plus doux et faisant la part belle à l'imagerie pastorale et aux instruments à vent. Le ton lugubre de ces deux longs thèmes ne font qu'enfoncer le clou de l'idée déjà bien encrée par Tubular Bells : Mike Oldfield est un original.
Ommadawn poursuit vers un ton supérieur dans la complexité des thèmes mais avec davantage d'influences celtiques en y incorporant de nouveau instruments dont une cornemuse, une flûte de pan, des voix diaphanes qui montent crescendo dans la folie musicale du premier thème. Incommensurable, rare.
Incantations constitue une suite logique du travail de Oldfield. Orchestral à souhait avec un goût de World Music et des influences sud-américaines. Ce double est absolument indispensable.
Platinum quant à lui trancha vivement en faveur des nouveaux sons. Toujours prog, il demeure l'album le plus synthétique de Mike avec QE2. Il reste un très bon album, un poil moins bon que ses 4 prédécesseurs.
QE2 rentre dans une optique moins travaillé. Mike Oldfield semble perdre son identité originelle au profit d'un son résolument synthé. Taurus est la seule pièce indispensable de QE2, le reste, c'est de la figuration.
Taurus II présent sur Five Miles Out est aussi le seul atout d'un disque bouffé par sa maison de disque qui réclamait des titres courts et commerciaux. Obligé de rendre un travail beaucoup moins personnel et beaucoup plus mainstream, Mike délivrera Crises avant de sombrer pour longtemps dans le moyen.
Amarok, la blague présentée à Virgin est publié en 1990 et constitue une vengeance nourrie par la rencoeur de Oldfield. En effet, ce disque, tuerie mosaïque de une heure sur une plage unique constitue un affront selon Virgin.
Changement de maison de disque après un contrat terminé. Tubular Bells II n'est pas à proprement parlé une réplique honteuse de sa génèse de 73 mais un véritable tourbillon d'arrangements qui rend ce disque intéressant, sans être bien sûr un chef d'oeuvre. Nouveau saut dans le temps jusqu'en 2003.
Tubular Bells 2003 est une bonne suprise. Un lifting intégrale pour cette merveille âgée de 30 ans. La musique gagne en fluidité ce qu'elle perd en spontanéité. Passée dans le grand filtre magique qu'est Pro-Tools, Tubular Bells 2003 est pure, parfois trop mais l'intérêt réside à la comparaison entre cette dernière et l'originale.
Beau quand même.
Tout ça pour dire que Mike Oldfield a su se créer et créer des vocations. Qu'on aime ou pas, Oldfield est une référence de la guitare et de la musique tout court.




