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Alors, l'ampli à lampes serait finalement très simple, à la portée de n'importe qui ? Pas vraiment en fait.
Pas vraiment la solution de facilité, mais dans un but d'apprentissage.
Nous avons choisi une solution qui pourrait sembler facile, à savoir prendre un ampli dont le schéma est connu, vérifié et déjà conçu (par l'illustre Leo Fender) et nous avons choisi les tubes, les transfos et le reste en suivant le schéma.
Bref, on a juste assemblé un ampli en suivant le plan, comme on monterait une maquette d'avion. Maintenant, nous allons décortiquer les différentes parties de l'ampli, sans formules mathématiques mais en étudiant le principe, le "comment ça marche".
L'alimentation de notre ampli 5F1.
Courant alternatif et courant continu.
Le courant alternatif (qui peut être abrégé par CA, ou AC, pour Alternating Current en anglais, étant cependant souvent utilisé) est un courant électrique qui change de sens.
En effet, si vous prenez une pile, vous avez un sens de branchement nommé "polarités", un + et un -, chose que l'on ne voit pas sur les prises murales car le secteur est un courant alternatif
Ce courant alternatif est dit périodique s’il change régulièrement et périodiquement de sens.
Un courant alternatif périodique est caractérisé par sa fréquence, mesurée en hertz (Hz). C’est le nombre d’« allers-retours » qu’effectue le courant électrique en une seconde. Un courant alternatif périodique de 50 Hz effectue 50 « allers-retours » par seconde, c'est-à-dire qu'il change 100 fois (50 allers et 50 retours) de sens par seconde. La fréquence de 50 Hz est utilisée en France et ailleurs (Belgique, UK, etc...) tandis qu'aux USA, on utilise le 60 Hz.
Un des 'avantages du courant alternatif par rapport au courant continu est qu'il permet l'utilisation d'un transformateur ou transfo.
Le transformateur.
Voici un schéma provenant d'un cours d'électro-technique datant de 1949 (eh oui) :

Il y a effectivement des formules et si vous avez écouté votre prof de physique au lycée, vous vous rappelez certainement la modélisation du transformateur. Nous n'allons pas détailler les formules ici, je vous renvoies donc à vos cours ou aux sites internet.
Mais en résumant : Au primaire, nous avons 4 spires et elles sont alimentées avec une tension alternative de 8v. Au secondaire, nous avons 2 spires et la tension aux bornes de ces spires est de 4 volts. Une simple proportion nous permet de dire ceci : Si j'augmente le nombre de spires au secondaire, par exemple 16 spires, j'obtiendrais théoriquement 32v.
Voilà la magie du transformateur. On connait le "transfo d'alimentation" qui convertit notre secteur 230v en 9v pour alimenter de petits appareils, mais le transformateur possède également la faculté d'élever la tension alternative.
Voilà pourquoi nous obtenons sur nos amplis à lampes des tensions de plus de 300 Volts alors que notre ampli n'est alimenté que par notre secteur 230v.
Mais notre transformateur nous donne un courant alternatif alors que nos amplis ont besoin d'une tension continue (avec un + et un -). Nous allons maintenant parler du redressement qui est le terme désignant le fait de convertir un courant alternatif en courant continu.
Le redressement.

Voici un extrait de notre alimentation du 5F1. Nous voyons la première lampe qui est une 5Y3GT. Ce tube est appellé "rectifier" en Anglais. Rectifier pourrait se traduire par "Qui rend droit, qui redresse". En Français, on nomme cet élément le "redresseur" ou la "Valve".
Rappellez vous, le courant alternatif "change de sens". La valve ici présente est une diode (une double diode pour être précis) et la particularité d'une diode est de ne laisser passer le courant que dans un seul sens.

Voilà le principe. Le courant alternatif avec ses deux alternances passe dans notre diode (schématisée par le carré) et à la sortie de notre diode, seule une alternance est présente.

Voilà un schéma d'un redressement très simple. A gauche, le secteur fournit sa tension alternative et la diode (valve) convertit le courant alternatif en courant redressé. A droite, un transformateur qui abaisse ou élève la tension selon le cas (dans ce schéma, le nombre de spires au secondaire étant plus élevé qu'au primaire, on devine qu'il élève la tension)

En trait plein, la forme du courant redressé et en pointillé, les alternances arrêtées par la valve et non utilisées. Ceci s'appelle le redressement mono-alternance connu sous le nom de Half wave rectification en anglais.
Le redressement des deux alternances.
Une alternance est perdue dans le cas précédent. Nous allons ici voir le principe pour utiliser ces alternances perdues sous la forme du redressement des deux alternances.
Voici un premier schéma de principe :

Ce premier schéma montre l'utilisation de deux valves et deux transfos. Ce n'est pas celui utilisé par notre ampli mais je le montres dans un but de compréhension.
Nous utilisons deux valves qui chacune vont redresser une des alternances selon ce petit schéma :

Chaque diode redresse une des alternances et nous donne un redressement des deux alternances.
Ce schéma est assez complexe avec ses deux transfos et deux valves. Pour rendre la chose possible et plus simple, nous utilisons un seul transfo dont l'enroulement secondaire possède un point milieu nommé "center tap".

Et pour ne pas utiliser deux valves, nous utilisons une valve bi-plaque comme dans notre Fender avec la 5Y3GT.
Ce schéma ressemble bien plus que les autres au schéma Fender. Le point milieu du transfo à Zero Volt est connecté à la masse et les deux enroulements permettent un redressement des deux alternances avec une valve bi-plaque.

En trait plein, nous voyons le redressement des deux alternances et en pointillé, les alternances jadis "perdues" par le redressement mono-alternance.
Bien entendu, nous n'avons pas un redressement "parfait", ce courant continu n'est pas "filtré" correctement, mais c'est désormais le rôle du "filtrage de l'alimentation" qui fera l'objet d'un autre topic.









