Effectivement, Joe satriani a bien été le professeur de Kirk Hammet ; un extrait -un peu long

- mais fort intéressante - d'une interview de Satriani sur le sujet :
Un autre de tes étudiants était Kirk Hammett, et en tant que professeur, tu l’as vu passer d’Exodus à Metallica. A quel point a-t-il évolué en tant que guitariste à cette époque, vu la tournure qu’était en train de prendre sa carrière ?
C’était vraiment fascinant. Kirk était un parmi un groupe de jeunes musiciens à qui je donnais des cours. Kirk est venu, comme les autres, avec beaucoup de motivation et de détermination. Il avait une super attitude, il s’entraînait vraiment dur, il aimait vraiment la musique qu’il faisait, et je pouvais me rendre compte que Kirk, avec le reste de sa génération, allait changer l’histoire de la musique, on le savait, on pouvait le voir. Ils étaient tellement passionnés par leur son. Il y avait deux choses qu’il fallait vraiment que je fasse. L’une est que je devais lui montrer tout ce que je savais et l’autre était que je devais m’assurer que je ne l’influence pas en termes de style. Ceci, je pense, est le plus important quand on est professeur : il faut respecter la jeune génération et où ils veulent amener quelque chose, et on n’a pas envie de les réprimer avec notre propre style, on n’a pas envie de les entacher en leur faisant absorber quelque chose qui fait partie de notre patte. Autrement, ça ne marche pas très bien. C’est mieux de simplement leur donner l’information de façon aussi claire que possible, et ensuite leur inculquer l’idée qu’ils doivent choisir comment l’utiliser et quand l’utiliser, et quoi qu’ils décident, ça leur appartiendra, ça deviendra leur style. C’était vraiment amusant, il était vraiment super. C’était le dernier gars à qui j’ai donné un cours en tant que professeur. C’était en janvier 88, il partait faire un album et j’étais sur le point de commencer ma toute première tournée en tant qu’artiste solo. Je lui ai donné un cours et ensuite, après ça, j’ai pris l’avion pour San Diego et j’ai commencé la tournée Surfing With The Alien [petits rires]. C’était donc très intéressant que j’ai commencé à l’instruire des années plus tôt, puis durant toute la transition entre les deux groupes, et ensuite il était celui à qui j’ai donné mon dernier cours professionnel.
A quel point a-t-il appliqué dans Metallica ce que tu lui as appris ?
Beaucoup ! J’aime faire remarquer aux gens qu’avant que ce type de metal existe, un guitariste qui exécutait un solo par-dessus un riff metal pouvait s’en tirer en jouant du blues, parce que les structures d’accords étaient assez simples, c’était juste des progressions blues énervées, avec peut-être un tout de petit peu de gammes phrygiennes balancées dans le tas. Quand on remonte le temps et qu’on écoute Deep Purple ou Black Sabbath, les maîtres originels de la musique metal, on réalise que c’est vraiment de la musique basée sur le blues et donc ils n’étaient pas obligés d’être trop complexes dans le développement de leurs passages mélodiques, car les progressions d’accords étaient basées sur le blues. Mais ensuite est venue cette nouvelle génération et ils ont décidé d’employer tous ces autres accords que ces groupes n’utilisaient jamais et ils ont vraiment amené ça à un extrême. Kirk venait et disait : « On travaille sur cette chanson, écoute ces accords : ça correspond à quelle gamme ? » Et bien sûr, il n’y avait pas une armure claire dans nombre de ces super progressions d’accords thrash metal. Mais c’était le boulot de Kirk de trouver les gammes sur lesquelles faire ses solos. Evidemment, il adorait Michael Schenker et un tas de guitaristes qui se reposaient sur le blues, mais son travail l’a mis dans une zone totalement différente et ça ne marchait pas pour lui de simplement jouer ce que ses héros jouaient ; il devait trouver quelque chose d’original.
Je lui ai donc appris, non seulement toutes les gammes qui existaient et qu’on pouvait potentiellement utiliser dans le contexte d’une chanson de Metallica, mais je lui ai aussi montré une méthode pour décoder certaines progressions d’accords de James Hetfield, afin qu’il puisse comprendre quels étaient ses choix. Ensemble, nous travaillions à disséquer les progressions, je lui montrais : « Voilà comment tu la dissèques, voilà comment tu détermines tes options pour les mélodies et les solos, et ensuite voilà comment tu relies ça à toutes les gammes que je t’ai montrées. » Mais ensuite, comme je l’ai dit plus tôt, je disais : « Kirk, tu dois prendre la décision par toi-même. Je ne peux pas le faire à ta place. Ça doit être toi, car tu es dans Metallica. James veut que tu apportes ton son au groupe, peu importe ce que ça peut être. » Et il faut garder en tête qu’il était très jeune. Je veux dire qu’ils étaient tous extrêmement jeunes, mais la passion est extrêmement importante quand il s’agit de faire de l’excellente musique. Ils laissaient la passion être leur guide, ce que je trouve super, et c’est pour ça qu’ils sont devenus des artistes aimés mondialement.
Bref... pas très long quand c'est passionnant
